Pour ceux que cela intéresse, voici, quelques précisions (toutes subjectives) sur le déroulement de l’épreuve pour l’équipe Bend 1.
A l’arrivée au circuit, on ne se demande pas si on sera mouillé et sale, on se demande seulement jusqu’à quel point on le sera tellement il pleut, il fait gris et que cela n’a pas l’air de vouloir s’améliorer.
Laurent a amené sa camionnette et on se dit qu’on pourra toujours y trouver un peu de chaleur et de réconfort le cas échéant.
29 karts au départ.
Essais sous la pluie. Une demi-heure en tout. 5 tours chacun.
Laurent, Xavier et votre serviteur naviguent ( c'est facile, je me rends compte) vers le milieu de la grille, chacun cherchant les meilleurs plans pour adhérer et ne pas commettre de faute mais Olivier nous signe un bon huitième temps pour le départ de la première manche.
2h15 de course, 5 arrêts obligatoires, dont, en ce qui nous concerne, 3 pour les changements de pilote toutes les 36 minutes (équité oblige, on a chacun payé la même chose !) et 2 qu’il faudra gérer au mieux .
L’arrêt ravitaillement essence obligatoire si on ne veut pas tomber en panne, fait partie de ces arrêts.
Xavier et Laurent se mettent dans la peau de Ross Brawn et concluent qu’il faudra profiter des éventuelles sorties du « safety kart » pour repasser par les stands. Je trouve cela bien vu et j’abonde dans leur sens (tellement que quand cette situation va se présenter avec moi au volant, je n’y pense plus et il faut des signes désespérés de Laurent pour m'appeler dans les stands).
Olivier prend le départ et il ne pleut plus. En fait cela va sécher assez rapidement et le soleil, souvent voilé va même nous accompagner pour toute cette première manche.
Les conditions sont quand même piégeuses au début pour Olivier qui gère sans problème. Coup de théâtre vers le milieu de son relai : dans le long gauche de 180° masqué, il y a un carambolage et 3 karts en vrac au milieu de la piste, Olivier freine désespérément, tape latéralement et est éjecté. Roulé-boulé puis, à la manière de quelqu’un qui vient de s’étaler sur le verglas, il se relève comme un diable et repart le plus vite possible en espérant sans doute que personne n’ait rien vu. Les temps au tour qui suivent nous indiquent que son intégrité physique n’a pas souffert; on est juste un peu inquiet par les dégâts qu’a pu subir sa belle salopette du Toyota Team Europe. Il regagne les places perdues et nous ramène le kart en 4ème position à la fin de son relai.
Dans l’aventure cependant, il a perdu les clés de sa Lotus qui se trouvaient dans une des poches…
Xavier, qui pendant cette première période, a fait beaucoup d’aller-retour entre le bord de la piste et le misérable et unique moniteur vidéo qui nous informe des positions et des temps, prend le volant avec beaucoup de détermination et de concentration. Il fait un excellent relai mais est tellement concentré qu’il ne voit pas 4 tours durant le panneau (très professionnel) qu’on lui présente pour le faire rentrer.
Je fais ensuite mon job sur une piste tout à fait sèche les 35 minutes suivantes, avec notamment le déjà évoqué « Ross Brawnien » passage par les stands. C’est l’occasion d’apprécier les performances modestes mais suffisantes de nos engins. A 57 – 58 secondes au tour de 1070 m, cela fait une moyenne de 67 km/h, avec un petit 90 km/h en bout de ligne droite parait-il.
J’aurai l’occasion de me rendre un peu mieux compte de cette vitesse quand un jeune Schumacher (ils étaient rares, mais il y en avait quelques-uns) décide que je ne le passerais pas et m’envoie les 4 roues dans l’herbe au bout de cette ligne droite précisément.
Quand Laurent prend le volant nous sommes deuxièmes, grâce à la régularité et la vitesse de chacun, ainsi que la bonne stratégie. Le couteau entre les dents

(pour ceux qui le connaissent, c’est un peu inutile à préciser tellement c’est un état habituel dès qu’il monte sur une piste), il part pour chercher la première place, aligne les bons chronos, signe au passage le meilleur temps de l’équipe mais les premiers ont un arrêt supplémentaire à réaliser et c’est la victoire sans problème pour nous avec une petite minute d’avance.
Entracte pour une heure entre les deux manches (la Table Ronde doit vendre des pains saucisses, la nourriture préférée des pilotes de formule 1) et nous allons tous dans le long gauche pour essayer de retrouver les clefs d’Olivier. Cela prend quelques minutes mais on récupère tout.
Sans le savoir, nous venons de marquer des points psychologiques sur nos adversaires.
Vu de la cafétaria, que peut-on espérer faire contre une équipe qui vient de gagner la première manche et dont les membres étudient encore dm² par dm² la surface et les bas-côtés d’un virage stratégique….
Deuxième manche.
Le ciel est toujours clément mais on sent que cela ne durera pas. Olivier part en pôle avec tout ce que cela signifie comme pression. Il a fort à faire pour contenir le deuxième au début mais il gère, réalise le meilleur temps de la série et il garde la tête pendant tout son relai.
Xavier prend le volant. Nous avons mis soigneusement au point une nouvelle stratégie pour les arrêts. Elle va nous permettre de comprendre pourquoi Ross Brawn se trompe parfois aussi car pour faire simple, quand Xavier se présente à la pompe à essence, il y a trois karts avant lui… Retour en piste sans ravitailler pour s’arrêter à nouveau un tour plus tard mais cela nous fera 6 arrêts au lieu de 5. Pour la dernière partie de son relai, la pluie est de retour mais Xavier s’adapte parfaitement à ces conditions et ne cède rien.
La pluie diminue et s’arrête de nouveau pendant mon relai qui se révèle fort intéressant avec une piste bien mouillée au début mais qui sèche progressivement. C’est un peu plus « rallye » dans la conduite, j’essaie des trucs différents à chaque tour, je ne sais pas si c’est le plus efficace mais c’est très amusant et nous ne perdons pas de place au classement…
Quand Laurent reprend le volant, la piste est pratiquement sèche, nous sommes troisièmes et il a la ferme volonté (ben voyons !) de rattraper les deux premiers, donc, les chronos pètent de nouveau.
Nous terminons deuxièmes à 20 secondes des premiers qui n’étaient que cinquièmes ou sixièmes en première manche.
C’est la victoire au général, donc.
Beaucoup de plaisir, d’humour de la part de tous, des petites passes d’arme, des dépassements nombreux et des sensations sympas au volant.
Une super journée qui se termine par la remise de prix durant laquelle nous recevons le ciboire qu’on peut apercevoir sur les photos.
Avec Laurent, nous finirons la soirée dans les stands et les garages à admirer les voitures des années 60 et 70 ainsi qu’observer les concurrents qui vers 21H30 vont subir une pluie que les pilotes de voitures ouvertes ne risquent pas d’oublier …
Au fait, Philippe (le Lotusien), si tu lis ceci, pourrais-tu nous dire pourquoi un commissaire nous a enjoint de refermer nos parapluies dans la zone des stands ???