Merci pour vos encouragements

J'ai été pas mal occupé depuis la course à ratrapper le travaille en retard et aussi, il faut l'avouer, à me remettre physiquement (on a plus 20 ans

)
Et physique, c'est le mot clé de ces 24H... car ces courses longues sont avant tout un test d'endurance pour la mécanique et les pilotes. Et pour le coup, j'ai dû aller puiser dans mes réserves...
La voiture ayant été remontée de justesse quelques jours avant la course, et l'équipage formé avec encore d'avance, les essais/qualifications du jeudi auraient dû être l'occasion de régler la voiture au nouveaux pneus michelin (au lieu de Pirelli) et de permettre aux pilotes de se familiariser avec la voiture.
Les conditions météo légèrement humide

n'ont pas permis d'établir et setting de base, et les quelques petits ajustements techniques de dernière minute ont fait que je me suis assis pour la première fois dans la voiture au moment de partir pour la Q2

On m'explique les différents bouttons et les commandes et GO... Pas spécialement évident dans ces conditions de partir pour un chrono. D'autant que la bué s'est joint à la pluie pour rendre l'exercice encore plus intéressant...
https://www.youtube.com/watch?v=TflNrdicqGwTous les pilotes devant réaliser au mini 2 tours chronos de nuit, nous sommes partissur des séquences de 4 laps à tour de rôle, entre-couper de petites modifications ou réglage.
Au final, on se place 18e au général juste derrières les protos et les Porsche de la catégorie GT.
Est venu le jour de la course... la voiture est prête à partir en grille pour le grid walk... enfin, c'est ce qu'on pensait

Car au moment de démarrer, plus de direction assistée

Et là, on est pas entrain de parler d'une Elise de 750kg, mais d'une berline à moteur avant de 1280kg avec du slick en 275 de large
Décision est prise de changer la crémaillère et la pompe et de partir de la voie des stands. 5 min avant le départ, on peut se présenter en bout de pitlane pour prendre le départ.... c'est parti!!!
https://www.youtube.com/watch?v=nWWcVWESriIMais après 2 virages, re perte de DA

Il est décidé de continuer comme ça le temps de chercher une solution (et des pièces).
A la fin du 2e relais on fait rentrer la voiture dans le stand pour tenter une modification rapide qui consiste à suprimer toute l'huile du système afin de faciliter les déplacement de la crémaillère. J'embarque pour le 3e relais, mais malheureusement, les choses ont empirés. Après un peu moins d'1h avec plus de 60°C dans la voiture, je suis physiquement vidé et impose de rentrer aux stands pour qu'une meilleure solution soit trouvée.
Il aura fallut 3 crémaillère, 2 pompes à huile pour finalement être sauvé par la pompe à huile électrique démontée sur une ex WTCC amenée par le team en démo.
Nous pouvons enfin repartir, avec cette fois pour objectif principal d'être à l'arrivée de cette course. Pas question donc de chasser le bestlap, mais de tourner régulier afin de refaire notre retard.
Commence pour moi la récupération afin d'être capable de repartir pour mon prochain relais. A grand coup de mélange de breuvage réhydratant agrémentés de café/redbull, et profitant du rafraichissement de la nuit, je prend mon relais de nuit. C'est quand même mieux comme ça

Mais je sens que physiquement j'ai été trop loin...
Côté mécanique, plus de problème à signaler. Les réglages de la voiture ne sont pas optimum mais on fait avec.
Par contre, arrive le levé du jour... et avec lui, le soleil et ses 35°C

Ce qui ne fait qu'augmenter encore un peu la température dans l'habitacle. La gourde de boisson hydratante fraiche embarquée dans la voiture se transforme en thé après 2 tours... le pire moment étant l'arrêt à la pompe à essence (les ravitaillement ne se faisant pas dans les stands) en fin de relais où le pilote doit attendre sanglé dans la voiture qu'on remplisse le réservoir de 100 litre avec une pompe classique

Je rentre au stand content du travaille accompli et heureux de pouvoir aller enfiler un short pour profiter de la fin de la course.
Mais... la fatigue grandissante et la chaleur faisant, les derniers relais sont plus court et je DOIS reprendre le volant pour assurer le dernier relais de 45 min
Et j'écris bien je DOIS!!! car à cette instant précis, j'étais dans un état tel que j'aurais préféré avoir une passion pour les timbres poste
Outre le combat contre la fatigue et la chaleur, un dernier relais peut voir s'envoler le travail d'une course de 24 heures... lourde responsabilité... que je suis, après coup, content d'avoir assumée. Même si il a fallu me sortir de la voiture car je n'en étais plus capable seul et m'aider à me rendre au podium
Bref, les courses de 24h c'est une loterie mécanique, mais avant tout une aventure humaine et un combat avec soi-même.
J'aime comparer ça à un accouchement: avant on est super excité, pendant on passe par tout les états bons et mauvais, on déguste au moment de l'accouchement et c'est un mélange de fatigue et d'extase juste après... et malgré tout ça, 15 jours après on veut recommencer

Et pour ceux qui n'utilisent pas Facebook, un lien vers quelques photos:
https://plus.google.com/photos/105991236356149637171/albums/6187364415243570129